Né à Albi dans le Tarn, Emmanuel Fournier a publié des ouvrages de philosophie écrits, certains, "à l’infinitif", d’autres, "en dessin".
En commun à ces ouvrages, le souci de renouveler le langage de nos interrogations. "C’est toute la complexité des langages : nous leur demandons de dire ce qui est et de former nos idées là-dessus, mais ils font si bien qu’ils nous ramènent ensuite à quelques mêmes idées comme à des ornières à creuser, sans plus de surprise possible ni de liberté de pensée ni de joie."
La langue infinitive a été inaugurée en 1992 dans Croire devoir penser, paru en 1996 aux Éditions de l’Éclat, suivi par L’Infinitif des pensées en 2000 aux mêmes éditions, puis Mer à Faire en 2005 aux Éditions Éric Pesty (voir la rubrique Livres chez d’autres éditeurs). "En faisant abstraction des substantifs, cette langue pour verbes et conjonctions vise à contourner les questions du sujet, de l’objet ou de l’être, qui entravent la réflexion philosophique ; ce faisant, elle permet de ré-envisager nos questions de vie d’un point de vue plus dégagé."
L’introduction du dessin dans le champ de la philosophie obéit à des préoccupations analogues. En ouvrant l’éventail des interprétations, le dessin plonge la pensée dans une attitude de déchiffrage où elle peut se montrer à l’œuvre. Après différents essais menés à partir de 1986, Sur la lecture paraît en 1989 aux éditions Corduriès, puis Diptyc’domino (1990), La même chose (1993), Catalogue de mers (1994) et Six comptes rendus (1995). Ces livres ont été ré-édités en 2007 et peuvent être consultés dans la rubrique Livres aux éditions Corduriès de ce site.